Christian Lechevalier (FN) : « Le scrutin uninominal à deux tours par arrondissement favorise le bipartisme »

Dans cette dernière ligne droite aux élections législatives, Nous électeurs.trices, est parti à la rencontre de Christian Lechevalier, candidat investit par le Front National dans la quatrième circonscription d’Ille Et Vilaine.

Christian Lechevalier n’est pas inconnu en politique dans la région puisqu’il est conseiller régional Bretagne. Titulaire d’un DEA de Droit Civil, agrégé d’économie ainsi que diplômé de l’Ecole Nationale de Sécurité Sociale, Christian Lechevalier est également professeur de droit à l’Université.

Mercredi  31 mai, le candidat frontiste m’a donc reçu chez lui dans les environs de Bain de Bretagne afin de répondre à mes questions.

«Mon tropisme profond pour l’histoire m’a conduit à nourrir une passion pour ce pays.»

Christian Lechevalier ne cache pas sa passion pour la France qui l’anime en politique. Pour lui : « l’histoire est un chemin qui conduit à apprécier ou à déprécier l’histoire d’un pays ». Christian Lechevalier est un gaulliste et en tant que tel il y fait référence à plusieurs reprises afin d’appuyer ses propos. Il m’explique donc que c’est à la mort du président Pompidou en 1974 qu’il fait ses réels premiers pas en politique : « En 1974, quand le président Pompidou est mort il y eu une présidentielle pour laquelle je soutenais Jacques Chaban Delmas. Et quand Chaban fut battu, je veux donc rejoindre le camp des vaincus, celui des gaullistes et c’est là que je rencontre Pierre Messmer ». A noter que Pierre Messmer était ministre des armées du Général De Gaulle.

« Le parti gaulliste qui a connu différentes phases et différentes appellations (UNR, UDR, RPR) a perdu petit à petit de sa substance gaulliste »

Comment un fervent gaulliste a t-il trouvé le chemin du Front National ? Christian Lechevalier nous explique que la fin du parti gaulliste en tant que tel se trouve en 2002 lorsque Juppé  transforme le RPR en UMP. A partir de ce moment là, le candidat frontiste décide de ne pas suivre le mouvement puisqu’il n’adhère pas au système « pro-europpéen » apporté par l’UDF dans cette fusion. Progressivement il rentre en contact avec Nicolas Dupont-Aignan qui au même moment crée « Debout la République ». Cette rencontre semble convenir au conseiller régional puisqu’il est tête de liste aux élections européennes de 2009 pour le compte de DLR.

Paradoxalement c’est cette campagne de 2009 qui va le mener à prendre un chemin différent de celui de Nicolas Dupont-Aignan. En effet monsieur Lechevalier m’explique que lors de cette campagne il a dû composer avec le peu de moyens dont il disposait et que cette absence de moyens financier lui a fait prendre conscience de « l’impossibilité des temps actuels de faire de la politique lorsque l’on est désargenté ».

« Je pense que le Front National sous la direction de Marine Le Pen et de Florian Philippot a fait un pas social qui implicitement et explicitement est un pas vers le gaullisme. »

C’est en 2013 que le conseiller régional rejoint le Front National séduit par cette nouvelle orientation politique attachée à l’indépendance nationale. Il insiste sur ce fait et explique : « vouloir qu’une entité se gouverne elle-même n’est pas une injure ». L’indépendance nationale est directement liée à la question de l’Euro et là dessus Christian Lechevalier, agrégé d’économie a un avis bien tranché : « Il est évident que l’indépendance d’une politique ne peut pas se concevoir sans disposer de l’outil économique sur lequel l’état peut jouer et cet outil économique c’est la monnaie. La monnaie est essentielle dans la main régalienne d’un état, c’est le ciment intellectuel et logique du programme qui fut développé ».

Lors de la dernière campagne présidentielle la question de l’euro était au centre du programme du Front National. Cette question a mis en péril la candidate frontiste face à Emmanuel Macron lors du débat de l’entre deux-tours. Monsieur Lechevalier admet que la débat a été mauvais et qu’il a eu des conséquences sur les résultats du second tour. Marine Le Pen est revenu il y a quelques semaines sur la question de la sortie de l’euro. Pour Christian Lechevalier : « Si vous avez un excellent produit mais qu’il est mal présenté et qu’il n’attire pas la clientèle, tout excellent qu’il soit il ne peut pas vous apporter les bénéfices escomptés ». Il ajoute aussi que « le débat n’est pas de savoir si l’indépendance monétaire demeure ou ne demeure pas au centre du programme mais le débat est de savoir comment faire en sorte de présenter ce problème de manière moins répulsive qu’il n’a été ressenti ».

« Officiellement, le titre réel d’un député est : député de la nation »

Christian Lechevalier est un élu local, il est conseiller de la région Bretagne, de ce fait je lui ai posé la question suivante « En tant qu’élu local, comment envisagez-vous la fonction de député ? Doit-il mettre en avant à l’Assemblée les questions nationales ou bien les questions régionales ? » Ce à quoi le conseiller régional m’a répondu : « Un député doit avoir forcément une vision nationale car il est député de la nation. Si l’intérêt national de la France apporte des conséquences au niveau local, alors l’aspect régional peut aider le député. »

Le Front National a obtenu 33,90% des voix au second tour de l’élection présidentielle. Aux dernières élections législatives, le Front National avait obtenu seulement deux sièges à l’Assemblée Nationale. Christian Lechevalier s’est donc exprimé sur ce faible score ainsi que sur les attentes lors des ces nouvelles élections : « Il y a 577 députés, donc l’objectif c’est la majorité, c’est à dire 290. Malheureusement,  le scrutin uninominal à deux tours par arrondissement favorise le bipartisme et par conséquent est nuisible à toutes les écoles de pensées qui ne s’inscrivent pas dans deux courants de pensée dit dominants. Jusqu’en 2012 ce type de scrutin était favorable au PS d’une part et à l’UMP d’autre part. Ceux qui s’opposent vraiment (Mélenchonistes et Front National) n’ont quasiment pas de représentants. », il ajoute enfin : « Si le Front National fait 20% des voix il faudrait que nous obtenions 120 sièges, au lieu de ça aux dernières élections nous avons seulement obtenu deux sièges. Ce système est profondément inéquitable ».

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