A Chantepie, Charlotte Marchandise panse et repense la gauche…

 

Vendredi 2 juin, à 19h, je me rends à la Pie Muette, pour participer à une réunion sur la transition écologique, dans le cadre de la campagne de Charlotte Marchandise.

Vous connaissez sans doute son nom, cette conseillère municipale de Rennes avait en décembre dernier remporté LaPrimaire.Org, elle avait été choisie par 32 000 citoyens pour les représenter à l’élection présidentielle, grâce à un programme très à gauche, avec en ligne de mire le renouvellement de la démocratie et la transition écologique.

 

Une candidate citoyenne

365 parrainages manquants plus tard, la course à la présidentielle s’est arrêtée net pour Charlotte Marchandise, qui aujourd’hui se présente dans la 1ère circonscription, sans parti. Son suppléant, Florent Le Saout, est membre du Parti Pirate. Issu d’Europe du Nord, ce parti libertaire est présent un peu partout en Europe, et compte même une députée Européenne. La principale ambition de ce parti est de réformer la démocratie, et de rappeler que « les citoyens sont les boss des politiques ».

Charlotte Marchandise est une une candidate citoyenne : elle ne propose pas son projet, elle porte des idées. Elle utilise aussi un mot que je ne connais pas, et dont j’oublie de demander la signification : « facilitatrice ». Si j’ai bien compris, un.e candidat.e facilitateur.trice s’engage à donner l’envie et la possibilité à chaque citoyen de participer à la vie de la cité. « Je peux porter le programme de chacun », explique-t-elle.

Si Charlotte Marchandise a décidé de se lancer hors des partis, c’est aussi parce qu’ils l’ont déçu. Avant les Législatives, pas moins de cinq partis avaient proposé de faire d’elle leur candidate : la France Insoumise, le Parti Socialiste, Europe Écologie – Les Verts, Oui La Bretagne et le Parti Pirate. Sans qu’elle puisse véritablement expliquer pourquoi, cette alliance gagnante n’a pu se faire qu’avec le Parti Pirate.

Autour de la table, plusieurs personnes font le même constat amer, notamment les cantepiens qui, aux deux dernières municipales, ont vu Grégoire Le Blond (UDI) l’emporter face à deux listes de gauche incapables de s’unir. Un problème d’égo, apparemment…

 

Une réunion ludique à base d’éducation populaire

Alors que je pensais seulement écouter des gens parler de transition écologique, je suis rapidement enrôlé de force dans quelque chose de bien plus ludique. À la manœuvre, Yoann, jeune membre de l’équipe de campagne de Charlotte Marchandise, et directeur de la section Grand Ouest de l’association Les Petits Débrouillards, sensibilisant les jeunes générations aux enjeux du numérique, au vivre-ensemble et à la transition écologique en passant par l’éducation populaire.

Yoann nous indique la marche à suivre. Sur un papier, chaque participant doit inscrire 6 mots qui permettraient de définir la transition écologique. Péniblement, j’inscris les mots local, bio, partage, environnement, échange et climat. « Le premier qui a trouvé ses mots dit stop ? », risqué-je en me trouvant follement drôle. « Non, ça c’est la compétition, c’est le vieux monde », me répond malicieusement Charlotte Marchandise. La leçon est retenue.

Une fois que tout le monde s’est plié à l’exercice, on forme des binômes qui choisiront parmi leurs douze mots les six à garder. Même chose avec les groupes de quatre qui sont enfin constitués. Au terme d’échanges et de débats nourris pas les expériences de chacun (enfin, surtout des trois autres, mon expertise restant assez limitée), nous nous retrouvons avec six mots : partage, changement, frugalité, local, biodiversité et générations futures. D’où nous écrivons une définition de la transition écologique : « La transition évologique, c’est installer le changement au niveau local par plus de partage, plus de frugalité et plus de biodiversité pour les générations futures ».

 

Démocratie ou entre-soi ?

Le tout se passe dans la bonne humeur et la convivialité, à tel point que j’en oublie que mon micro aurait pu capter quelques jolies définitions de la transition écologique. Parmi les douze personnes présentes, il y a un peu de tout, de tous les âges. On a voté Hamon, on a voté Mélenchon, on a été déçu… L’un a quitté le parti Nouvelle Donne en octobre dernier, à cause de l’« ego surdimensionné » de son leader Pierre Larrouturou…

Impossible de ne pas remarquer cependant qu’on baigne tous dans un certain entre-soi. À défaut de tous nous intéresser à la politique, nous partageons une envie de changer la démocratie, surtout après avoir dû voter Macron au deuxième tour.

Rien qui ne pourrait décourager Charlotte Marchandise qui donne quelques tracts à l’entrée de la Pie Muette pour ramener quelques citoyens autour de la table. Quitte à engager une conversation d’une dizaine de minutes avec un passant que celui-ci conclura par un lapidaire « De tout façon je vote pas ». Souriante, elle assure pouvoir atteindre le score de 13%. Avant de nous expliquer avec ironie : « On a remarqué que plus les sondages donnent un candidat gagnant, plus il a de chances de gagner. Du coup, on diffuse des fake news ! ».

Après cette joyeuse assemblée, on quitte la terrasse pour s’installer à l’intérieur, où elle a répondu à mes questions. « Je peux vous prendre en photo ? », demandé-je avant de repartir ? « Bien sûr, je fais campagne pour être prise en photo, moi », sourit-elle…

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